On dit que les nouvelles générations sont difficiles à gouverner. Je l’espère bien.
Alain

"Et dans 150 ans ?"

Où l’on apprend qu’au Pérou, les effets des conquistadores se font encore sentir.

Francisco Pizarro, 1835. Image : AMABLE-PAUL COUTAN / MUSEE NATIONAL DES CHATEAUX DE VERSAILLES ET DE TRIANON, VERSAILLES, FRANCE / SCALA, FLORENCE

Pérou, entre 1573 et 1812. Après quarante ans de batailles terribles, l’empire inca vient de tomber aux mains des conquistadores espagnols, menés par Francisco Pizarro et Diego de Almagro. Pour près de deux cent communautés indigènes, c’est le début d’un long calvaire.

Car les conquistadores leur imposent un régime de travail forcé : la mita. Un septième des hommes doivent partir à 1000 kilomètres de là, dans les mines d’argent de Potosí (en Bolivie actuelle) et dans les mines de mercure de Huancavelica.

Les conditions de travail y sont épouvantables, et beaucoup d’hommes ne reviennent jamais chez eux. Et pour couronner le tout, les colons empêchent les indigènes de développer leur propre activité économique !

C’est une vraie tragédie. Mais elle ne s’arrête pas là. Car cinq siècles plus tard, les descendants des indigènes touchés par la mita sont toujours 25% plus pauvres que les autres ! Ils sont plus isolés, moins éduqués, et leurs enfants souffrent de troubles du développement.

Les institutions, comme celles mises en place par les conquistadores, jouent donc un rôle très important. Et leur effet peut durer très longtemps. Parfois pour le meilleur, mais aussi pour le pire.

Potosí, Bolivie. Image : GERD BREITENBACH