Pour lutter contre l'inflation, il n'y a qu'une seule solution : ne pas donner d'argent à ceux qui le dépensent et ne pas le prendre à ceux qui le conservent.
Georges Wolinski

"Paroles, paroles… ?"

Où l’on apprend que l’économie et la politique ne sont pas toujours sur la même longueur d’ondes.

Helmut Schmidt, 1976. Photo : BUNDESARCHIV, B 145 BILD-F048644-0035 / LUDWIG WEGMANN / CC-BY-SA 3.0

Dortmund, 1972. Dans la salle omnisport de Dortmund, un homme politique harangue une foule de dix mille personnes. C’est le très puissant ministre de l’économie et des finances Helmut Schmidt. Il est en campagne électorale et il doit gagner des voix ! Alors devant le public, il lance une promesse : à l’avenir, il choisira une politique qui permette à la fois de faire baisser le taux de chômage et d’avoir un niveau d’inflation faible.

La promesse est séduisante. Personne n’aime le chômage, et les allemands sont encore traumatisés par la vertigineuse hyperinflation de 1923 : la valeur de l’argent avait dégringolé à une vitesse telle que les gens avaient dû transporter leurs billets dans des brouettes !

Mais Helmut s’est un peu emballé. Dans les journaux du lendemain, un professeur d’économie le rappelle d’ailleurs à l’ordre : sa promesse est tout simplement intenable ! Entre inflation et chômage, il faut souvent choisir ! Économiste de formation, Helmut le sait pourtant bien. Mais comment l’avouer à ses électeurs ?

C’est un dilemme terrible pour les politiciens. Mais heureusement, un autre acteur peut contribuer à résoudre l’équation : la banque centrale ! 

Berlin, 1923. Des acheteurs font la queue devant l'épicerie Butter-Handlung des frères Groh. Photo : BUNDESARCHIV, BILD 146-1971-109-42 / CC-BY-SA 3.0