Aucune société ne peut prospérer et être heureuse, dans laquelle la plus grande partie des membres est pauvre et misérable.
Adam Smith

"Un homme d’exception"

Où l’on s’intéresse à un destin hors du commun

L'Apartheid en Afrique du Sud, 1969. Image : HUGUES VASSAL

Afrique du Sud, 1925. Rolihlahla, 7 ans, se rend à l’école pour la première fois. Son instructrice lui demande alors de se présenter. « Rolihlahla Mandela », répond-il.

Le visage contrarié, son instructrice lui signifie immédiatement qu’elle n’aime pas beaucoup son prénom ! Peut-être parce que Rolihlahla, un prénom tribal, signifie en langage familier « fauteur de troubles ». « À partir de maintenant, ton prénom sera Nelson », lui dit-elle.

À partir de 1948, Nelson Mandela vit sous l’apartheid, le régime de ségrégation raciale sud-africain. Comme les autres membres de la population noire majoritaire, il n’a pas le droit de vote, et il est interdit d’accès aux emplois qualifiés, aux services médicaux et même aux toilettes publiques.

En devenant un leader anti-apartheid, il acquiert pour le coup une réputation de fauteur de troubles aux yeux du gouvernement. En 1964, il est ainsi emprisonné à vie.

Parallèlement aux premiers pas vers l’égalité dans son pays, il est finalement libéré en 1990. En 1994, il est élu président d’Afrique du Sud lors des premières élections démocratiques.

Pour la population noire, le passage à un régime politique démocratique entraîne des gains économiques. Pour la première fois, les travailleurs noirs peuvent occuper des emplois qualifiés, ce qui augmente leurs salaires. La ségrégation dans l’éducation et les services de santé est abolie.

Les institutions de l’Apartheid généraient des inégalités économiques entre les Noirs et Blancs. Pourtant, après plus de vingt ans de démocratie, l’Afrique du Sud reste l’un des pays les plus inégaux du monde. Passer à la démocratie n’a pas pu immédiatement réduire l’écart entre les riches et les pauvres. 

Nelson Mandela, 1994. Image : PAUL WEINBERG