Aucune société ne peut prospérer et être heureuse, dans laquelle la plus grande partie des membres est pauvre et misérable.
Adam Smith, économiste britannique

"Comme à la maison !"

Où l'on apprend que l'argent ne fait le bonheur que dans certaines conditions.

Richard Easterlin aux Nations Unis, New York (2017) Photo : © Getty Images / EuropaNewswire/Gado

En 1974, l’économiste Richard Easterlin fait un constat étonnant. Il observe que le niveau de bonheur déclaré par les Américains est resté presque stable, alors que le PIB par habitant a augmenté de manière spectaculaire aux États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comment expliquer cela ?

La réponse se trouve peut-être... dans un petit ouvrage publié un siècle plus tôt par un certain Karl Marx, célèbre économiste du 19e siècle qui a beaucoup critiqué les inégalités. Voici ce qu'il nous raconte : "Une maison peut être grande ou petite, tant que les maisons environnantes sont petites elles aussi, elle satisfait à tout ce qu'on exige socialement d'une maison. Mais s'il s'élève à côté de la petite maison un palais, voilà que la petite maison se ravale au rang de chaumière."

Confirmant cette intuition de Marx, Easterlin affirme que si la richesse moyenne de toute une population augmente en même temps, cela n’augmente pas son bien-être (du moins, à partir d'un certain seuil de richesse). Non, ce qui améliore la satisfaction d'un individu, c’est d’en posséder un peu plus que la moyenne !

Notre niveau de bien-être dépend donc de celui des autres. Autrement dit... mieux vaut ne pas regarder dans l'assiette du voisin !



Karl Marx, Travail salarié et capital, 1849 (éditions sociales, 1962)