Le sel est âcre quand on le goûte à part ; mais c'est le parfait assaisonnement qui donne aux mets toute leur saveur. Ainsi les difficultés sont-elles le sel de la vie.
Robert Baden-Powell, fondateur du scoutisme

"Ça ne manque pas de sel !"

Où l’on découvre que les premières taxes étaient particulièrement salées.

Bail des gabelles, 1687, Musée des marais salants, Batz-sur-Mer

Si les impôts n'ont jamais été très populaires, une taxe était particulièrement détestée des Français sous l'Ancien Régime : la gabelle, la taxe sur le sel. Pourquoi une telle colère contre elle ? Il faut se rappeler qu'avant l'invention du réfrigérateur, le sel est indispensable à la conservation des aliments, c'est donc un produit de première nécessité.

En plus de cela, toutes les régions ne sont pas taxées de la même manière : certaines disposent par exemple de privilèges accordés par le Roi. Bref, la gabelle a tout pour déplaire… Et à la Révolution, on s'en débarrasse donc illico !

La gabelle nous semble bien loin aujourd'hui… Et pourtant, les taxes actuelles sur l'essence renvoient un peu au même problème. Elles pèsent très lourdement sur les ménages modestes qui ne peuvent se passer de leur voiture pour se rendre au travail !

C'est ainsi qu'a démarré, à l'automne 2018, le mouvement de contestation des "gilets jaunes". Comme quoi, lever des impôts, ce n'est pas aussi simple qu'on peut le croire !

Manifestation du mouvement des gilets jaunes à Paris, 2019 / Photo : Olivier Ortelpa CC BY 2.0